La Seconde Guerre Mondiale par les vivants et leurs objets
Radio et information en temps de guerre
Article mis en ligne le 7 octobre 2020
dernière modification le 8 octobre 2020

par DEBATTY ORIANNE

Ce 6 octobre, la séance a été consacrée à la découverte de la TSF.

Français écoutant Radio Paris en 1941

Lorsque la guerre éclate, l’heure n’est plus à la détente et à la musique. La radio devient le seul moyen d’information sur l’évolution de la situation. La plupart des émetteurs des radios existantes se sabordent avant l’arrivée des allemands, qui les remettent rapidement en service pour les besoins de leur propagande.
Dès l’été 1940 est installé au Casino de Vichy, en zone libre, l’instrument de propagande du nouvel "Etat français" et de sa politique : "Radio Vichy". Son audience est faible car elle est trop orientée vers la politique du Maréchal et dédaigne la politique extérieure, la poursuite de la guerre. Les programmes sont évidemment totalement contrôlés par Pétain et Laval.

Pétain y enregistre son discours du 17 juin 1940 dans lequel il prononce cette phrase : "Je fais à la France le don de ma personne "
La Propaganda Abteilung in Frankreich, en zone occupée, lance "Radio Paris" dès le 18 juillet 1940. Cette radio allemande en langue française recrute de nombreux journalistes collaborationnistes qui participent également aux principaux journaux antisémites français. Profitant des nombreux concerts et spectacles donnés à Paris, elle joue sur le même credo que la radio de Vichy.


Les britanniques se retrouvant seuls dans la guerre après la signature de l’armistice, ils ouvrent leurs ondes le22 juin 1940 au Général de Gaulle, qui répond à Pétain.
Les britanniques autorisent l’émission d’un programme français de 30 minutes à la B.B.C. Cette émission intitulée "Radio Londres" fait ses premiers pas le 14 juillet 1940 à 20h30. Elle est composées de plusieurs parties : les informations (10 minutes) ; les 5 minutes du porte-parole de la France Libre (le plus souvent, Maurice Schumann et quelques fois, le Général de Gaulle) ; la célèbre rubrique « Les français parlent aux français », avec des discours, de la musique, des chants (dont s’occupait l’humoriste Pierre Dac), des messages personnels, des sketches, des chansons, des blagues et des publicités détournées...

Les chants étaient des parodies de chansons connues, dont le texte modifié était en général des moqueries sur les allemands. Pierre Dac est aussi à l’origine du fameux refrain "Radio Paris ment, Radio Paris ment, Radio Paris est allemand" sur l’air de la "Cucaracha", en septembre 1940.
Ces chants et ces musiques étaient très appréciés des auditeurs. Son écoute constituait un premier
acte de Résistance passive de la part des français, qui écoutent beaucoup la B.B.C. malgré le brouillage et les sanctions sévères encourues.
Parmi les messages personnels, certains sont des messages codés destinés à la Résistance, pour annoncer l’arrivée d’une personnalité, le largage de matériel, etc. Quelques exemples de ces messages ici, et avec la fameuse annonce du débarquement diffusée le 5 juin 1944 :
Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent mon coeur
D’une langueur
Monotone
".
Pour l’anecdote, du 1er au 4 juin 1944 à 21h, seuls les trois premiers vers (Les sanglots longs des violons de l’automne) ont été diffusés à destination des résistants français du réseau Ventriloquist, chargé de saboter les installations ferroviaires et téléphoniques encore en état de marche, en vue de préparer le débarquement des alliés sur les plages de Normandie. Les vers suivants (Blessent mon cœur d’une langueur monotone) ont été diffusés le 5 juin 1944 à 22h, annonçant le passage à l’offensive imminent des alliés.

M.Daubard a illustré cette thématique avec le récit de son papa, âgé de 9 ans au début de la guerre, ainsi qu’avec deux postes TSF appartenant à sa famille.